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Et la lumière ...
Cyril et moi étions vautrés sur le canapé, comme chaque jeudi, une sorte de rituel entre nous, c'est notre moment. On se matte généralement l'émission ou le film le plus lamentable de la semaine. Et là, on s'en donne à c½ur joie comme disait si bien Aznavour. Nous avons élevé la moquerie et la critique au rang d'art, ceci étant dit, je dois avouer que je fais figure de novice à côté de la verve cyrilienne. Comme il le clame souvent lui-même, il a l'½il critique du pédé. Il sait repérer la moindre faille chez quelqu'un ou dans une ½uvre, par exemple, un épisode de Derrick le met littéralement en transe. J'ai fait sa connaissance il y a près de deux ans, c'était le compagnon d'un ancien collègue. Il me semble que l'on s'est plu tout de suite, intellectuellement pour commencer. Il existait un feeling entre nous, quelque chose que nous seuls partagions et que nous n'avons jamais eu besoin de formuler, c'était là et ça nous suffisait. Je crois simplement que nous sommes sassez semblables à bien des égards et que chacun de nous deux l'a senti instinctivement. Nous aimons et nous détestons les mêmes choses, nous adorons critiquer et nous avons chacun des blessures secrètes dont nous ne parlons guère que par allusion. Il a quitté son compagnon au début de cette année, en partie à cause de moi, celui-ci, très jaloux, était persuadé qu'il se passait quelque chose entre nous, tout simplement aberrant. Il est vrai que nous entretenons une relation parfois ambiguë, nous en jouons même à l'occasion, nous adorons tous les deux choquer. Même quand il était avec son compagnon, nous étions tout le temps fourrés l'un chez l'autre, discutant durant des heures, nous moquant, chahutant... Ce que n'a jamais compris Olivier, l'ami de Cyril, c'est que nous avons chacun notre sexualité, fondamentalement différente, que c'est une chose que nous respectons, dont nous parlons sans la moindre ambivalence, mais nous savons ce qu'il en est. Et comme c'est quelque chose qui est entendu entre nous, nous ne nous donnons même pas la peine d'éviter les contacts physiques instinctifs ou prolongés, nous pouvons même dormir dans les bras l'un de l'autre sans qu'il y ait même rien de simplement tendancieux. J'aime les femmes et Cyril aime Olivier, une chose que celui-ci n'a hélas jamais compris. Pourtant, ils étaient en couple depuis près de trois ans, ce fut une rupture plutôt chaotique, accompagnée de crises de rage, d'entrevues larmoyantes, de scènes flamboyantes et d'ultimatums... Olivier fit ce qu'il ne fallait pas faire, il demanda à Cyril de choisir entre lui et moi, un choix qu'on ne devrait même pas oser poser. Je ne m'en suis pas mêlé, j'ai même poussé Cyril à trancher en sa faveur, je ne voulais pas devenir la briseuse de ménage. Mais, celui-ci, tout innocent qu'il est, tenta de trouver un compromis, il discuta, fit des concessions, atermoya, en vain, Olivier finit par claquer sa porte. Je n'ai pas compris sa réaction, je n'aurai jamais fait cela. Cyril est réellement un être adorable, derrière sa façade faussement cynique, il cache une gentillesse que j'ai rarement rencontrée chez quelqu'un d'autre. C'est quelqu'un de foncièrement ouvert et intelligent. De plus, je dois reconnaître objectivement et subjectivement qu'il est bel homme, des yeux d'un noir envoûtant, je sais que c'est ce qu'Olivier préférait chez lui. Cyril en a bavé par la suite, il l'aimait très sincèrement, il a passé des soirées entières à sangloter, le visage dans mon épaule, mes bras autour de lui. L'ambiance à mon travail se dégrada également, je démissionnai peu après, pour éviter le scandale. Ceci est de l'ordre du détail. Plus qu'aucune autre chose, c'est cette rupture qui nous a rapprochés. Et nous avons institué le jeudi comme soirée et critique. Notre moment, réunis autour d'une bonne bouteille et de quelques cochonneries à grignoter, nous créons notre monde en lapidant l'ancien, nous dénonçons les incohérences, nous critiquons les fautes de goût et les défauts, nous crachons sur l'inanité des foules et la vacuité des discours, nous vomissons notre venin par le biais des canaux hertziens. Cela ne sert pas à grand-chose, nous en sommes conscients, mais cela nous permet de nous vider des aberrations de cette société. Qui plus est, nous trouvons chacun un réconfort insensé dans la simple présence de l'autre, nous ne l'avons jamais dit clairement, mais nous le savons, et cela suffit. J'avais eu une particulièrement mauvaise semaine, je travaille dans un musée, et nous étions en pleine organisation d'une exposition, comme à chaque fois, tout se faisait dans l'urgence. Je devais jongler avec les exigences des fournisseurs, des exposants, de la conservatrice et des techniciens, un plaisir orgasmique en somme. Je suis arrivé chez Cyril le regard noir et cerné, il n'a rien demandé. Il n'a fait aucun commentaire, n'a pas émis la moindre parole, il m'a juste fait asseoir à ses côtés, m'a étreint et m'a servi un verre en souriant. Il me connaît, il sait que quelques verres me détendent et me délient la langue. Cyril a mis la télé en marche et a commencé son petit numéro, il était littéralement intenable, juste pour me dérider. Alcool et pitreries aidant, mes mâchoires ont commencé à se desserrer, puis j'ai fini par m'esclaffer tout comme lui, la thérapie par le rire. C'est un être adorable, j'ai tout déballé et je me suis senti mieux, et un peu stupide, somme toute, cela n'avait rien de bien méchant. Puis, alcool et fatigue nerveuse aidant, j'ai commencé à m'assoupir. Je passais dans le domaine du flou artistique, Cyril a exigé que je reste, je n'étais pas en état de refuser, il m'a aidé à me déshabiller et m'a mis au lit, je me suis endormi recroquevillé, en sécurité, serein. À un moment, je me suis réveillé, je me sentais mieux, je sentais aussi une chaude présence contre moi, deux bras passés autour de mon torse, une joue brûlante contre mon dos, Cyril. Il a légèrement bougé, plus de chaleur. Je me suis lentement retourné pour lui faire face et j'ai ouvert les yeux à moins de cinq centimètres de son visage. Il souriait, un grand sourire et mélancolique. Son regard plongeait dans le mien, je me noyais dans la profondeur abyssale de ses yeux, d'un noir profond, enchanteur, pétillant de tendresse. - Mon Ange, dit-il tout simplement. Et son sourire crut encore en radiance. Je sentis une main chaude se poser sur ma hanche, tendrement, négligemment, un léger frisson. Il avança son visage de quelques centimètres, jusqu'à ce que son nez touche le mien. Je ne voyais plus que lui devant moi, je n'avais plus comme panorama que la noirceur lumineuse de son regard. Je voulus dire quelque chose, mais à peine mes lèvres avaient-elles cillé que je sentis son index se poser délicatement sur elles. J'entendis sa voix s'élever dans la pénombre, prononçant quelques vers. - Dors ! Je veille pour deux,
Ne viens pas briser Ce silence béni. Parfois, ce qui est tu Est plus intense Que ce qu'on se dit. Je vois ciller tes lèvres,
Ne parle pas,
J'ai compris. Bien entendu, je connaissais ces vers, un poème qu'il avait écrit peu de temps auparavant, un poème d'amour. J'avais cru qu'il se référait à un homme qu'il avait rencontré. Comment avais-je pu me montrer aussi naïf, en fait d'aveuglement, je bats la majeure partie de la population. Je souris à mon tour, touché, ému, il ôta enfin son doigt de mes lèvres, non sans les avoir effleurer une dernière fois au passage. Je considérais avec amusement la situation, elle était si simple, je ne comprenais rien, car, simplement, il n'y avait rien à comprendre, c'était inéluctable. - Nous sommes un pacte sans lendemain, demandai-je, ainsi se conclue ton poème. Je suis pour toi une aventure sans lendemain. Je l'entendis pouffer silencieusement, pour toute réponse à ma question, sa main remonta avec douceur de ma hanche ma nuque, escaladant sentencieusement toute ma colonne vertébrale, répandant dans son sillage des tressaillements qui se répandaient dans tout mon corps, comme les rayons du soleil s'affaissant sous l'horizon. Sa main se lova contre mon crâne, en épousa tendrement la forme et il m'attira à lui. Il embrassa très délicatement mes paupières, puis, comme un voleur, déposa un chaste baiser sur mes lèvres entrouvertes, frémissantes. Il soupira, moi de même. - Tu aimes les hommes toi maintenant, fit-il ironiquement. - Non, répondis-je très doucement dans le creux de son oreille, mais je t'aime toi. Je sentis plus que je ne vis son sourire s'accentuer dans la pénombre. J'y joignis le mien, je ne m'étais jamais senti aussi bien, aussi serein. Pour bien lui prouver mes dires, je pressai mon corps tout contre le sien, peau contre peau, chair contre chair, âme contre âme. Je l'embrassai plus longuement cette fois, mêlant mon âme à la sienne à travers le souffle, comme si elles s'étreignaient lascivement lascivement hors de nous, un bref plaisir extatique. Je sentais son sexe se dresser contre mon bas ventre, et cela ne pouvait me répugner, car c'était Cyril, nous formions les deux moitiés inséparables d'une même entité. Nous nous embrassâmes et nous caressâmes, bien entendu, je n'éprouvais aucune sensation d'excitation particulière, mais cela fonctionnait tout de même, même si c'était un homme, le mien. Cependant, il était tout autre chose pour moi avant tout, mon plaisir s'étendait dans toutes les dimensions oniriques et intellectuelles, dans toutes les sphères psychiques, mon âme vibrait plus puissamment encore que mon corps même, grisant chacun de mes neurones en sillonnant parmi les circonvolutions de mon encéphale, c'était Cyril, tout simplement. Qu'est-il pour moi, si je n'étais pas aussi cynique, je dirais mon âme s½ur, mais je suis de nature pessimiste, alors plus simplement, il est mon meilleur ami, l'amour de ma vie, mon amant, ou, plus simplement encore, il est Cyril. Son poème avait raison, nous avions brisé par nos étreintes un sceau étrange et unique, nous avions conclu par nos baisers un pacte sans lendemain, néanmoins, il avait oublié une petite chose. Chaque jour est aujourd'hui, et, lorsque arrive demain, demain devient aujourd'hui. Cyril a sans nul doute raison, nous avons signé un pacte sans lendemain, mais, tant que Nous existera, il n'y aura pas de lendemain.

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