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Un samedi soir
Il doit être environ 23h, par un de ces froids samedi soir de janvier. Le ciel enragé, nous enterre de ses flocons depuis plusieurs heures déjà et ça ne semble vouloir que persister. Je déambule, péniblement et incertain, sur un trottoir achalandé, étroit et glacé, d'une rue noire et enneigée, d'un quartier de Montréal, bouillant de vie. Le Village ! Je sais très bien où je me dirige, ce que je me demande, c'est pourquoi je m'y rends, encore une fois ! Je m'étais pourtant juré, il y a de cela quelques jours, de ne plus sortir dans cet endroit d'où je ressors toujours plus désemparé que lorsque j'y suis entré. Je me le promets à toutes les fois, de toute façon. Je ne dois pas être doué pour tenir ce genre de promesse. Et tant qu'à m'ennuyer, seul chez-moi, aussi bien le faire en public. J'ai de toutes façons, beaucoup plus de chance de me divertir. Et me voilà repartis ! En route vers une autre soirée à oublier.
Après une longue et pénible marche qui me délogea de mon repère de célibataire obligé, j'entre, enfin, comme d'habitude, dans cet endroit où je noie mes peines, deux à trois fois par semaine, depuis déjà trop longtemps. La soirée commence bien ! L'attente à la porte, dehors, sous la neige, puis dans l'escalier et au vestiaire est interminable et insupportable. La croûte de neige qui s'était formée sur le dessus de ma tête commence à fondre, de plus en plus rapidement. L'eau délayée au gel de mes cheveux, rougie mes yeux et me donne des sueurs froides dans le dos. J'ai bien fait de ne pas trop m'appliquer sur ma mise en plis. Un air chaud et humide transperce le couloir étroit de l'escalier qui mène au vestiaire où s'entasse, à la file indienne, au moins une cinquantaine de personnes. Un petit côté agréable, par contre, le personnel me connaît bien, depuis le temps que j'y perds mon temps. J'ai donc droit à un petit bonjour à la porte, un beau bonjour avec un petit bec et un "comment ça va ?" à la caisse et un exubérant "Aaalllloooo !" avec un gros bec mouillé, sur la bouche, de la part du "Gars" au vestiaire. C'est d'ordinaire, ce qui m'arrive de plus émoustillant dans une soirée. À part toutes les obscénités que "La Serveuse" me dira, tout au long de la soirée. La clientèle pour sa part, un peu trop excitée à mon goût, semble être d'une humeur déchaînée. Comme d'habitude ! Peut-être même plus que d'habitude ! Nous ne sommes même pas dans le coeur du club que déjà les prétentieuses séances de "Regardez-moi" commencent. Dans l'escalier, au vestiaire, dans les toilettes, tous ces faux personnages, se plaisant à se pavaner, ça prend vraiment de tout pour faire un monde. N'en faisons pas trop de cas, car ce soir, j'ai le sentiment que tout sera différent, pour moi, pour une fois. J'ai l'impression que je ne suis pas venu ici pour rien, que je ne franchirai pas de nouveau ces portes, avec un goût salé dans la bouche. Je ne sais pas trop ce qu'il y a dans l'air, mais ça semble vouloir être différent ce soir ! Qui sait ! Un meilleur spectacle de "Fausses Filles" sur scène, qui m'aidera à oublier les petits drames de mon existence ! J'en serais surpris, la dernière nouveauté sur cette scène remonte à il y a plus de trois ans. La présence de gens que je connais ou qui vont m'être présentés et qui divertiront mes quatre prochaines heures sociables ! Oublions ça, les seuls gens que je connaisse ici, ce sont les employés et ils ont à se concentrer sur bien plus important que mon douloureux célibat. Une rencontre intéressante, qui bouleversera peut-être ma nuit ou ma vie, un court instant ! ! ! On peut toujours rêver ! Ou peut-être simplement ma nouvelle coupe de cheveux et ma mise en plis style "Wet look enneigé" !
Le "gars" au vestiaire me semble moins enthousiaste que d'habitude. La température, la pénible nuit dernière, un peu des deux ? Ça ne l'empêche pas de me chanter son éternelle rengaine, sur le fait que d'après lui, je suis l'homme de sa vie et qu'il est le seul à pouvoir me rendre heureux. Une chance que je le connais taquin, sinon, vulnérable comme je le suis en ce moment, je me vois facilement lui tomber dans les bras, il est tellement mignon. Je remonte l'escalier avec, grâce à mon petit mignon, mon premier véritable sourire de la journée sur le visage, en me faufilant entre les grandes, les grosses, les vieilles et les mêlés et me dirige tout droit vers mon emplacement habituel. Oh ! Un petit sourire en coin agrémenté d'un clin d'oeil de la part du "Gros Costaud" à l'entrée, qu'est-ce qui se passe avec lui ce soir ! La température, la pénible nuit dernière, un peu des deux ? La soirée s'annonce décidément différente, c'est certain. La salle n'est pas encore très peuplée, il est bien trop tôt, mais il ne reste déjà plus que des places debout. Aucune importance pour moi, j'ai ma place debout qui se libère dès que je m'y approche, Je n'ai jamais compris pourquoi. Je suis vraiment trop un habitué de la place, s'en est presque décourageant.
Accoudé au comptoir, face à la scène, comme d'habitude, je cherche d'un oeil rapide "Ma Serveuse" préférée, attriquée en vraie fausse fille, pour lui commander mon éternelle potion magique. Elle est là, elle m'a vu, elle gambade pas très subtilement en ma direction, sur ses talons aiguilles, exagérément hauts, se faufilant, mon verre déjà à la main, entre les badauds comme si elle était seule au monde. Elle est si majestueuse, pour un homme ! J'ai encore droit évidemment, à ses louanges sur mon physique de rêve qu'elle n'a jamais vu et naturellement, sur le sien, truffer et allégorique, qu'elle me fait tâter à pleines mains, tout en me faisant goûter son trop plein de rouge à lèvres saveur "framboises sauvages". J'espère qu'elle ne m'a pas laissé une trace trop évidente de son rouge vif à lèvres sur les miennes. J'aurais l'air de quoi ? Je sirote plus ou moins tranquillement un verre ou deux, attendant, sans vraiment attendre, le début d'un spectacle qui devrait me divertir, presque autant que celui qui s'offre actuellement devant moi, sur cette scène transformée en piste de danse. Je regarde ces exubérants exhibitionnistes se pavaner, se vendre sans se donner et je voudrais être ailleurs, sans trop savoir où, ni pourquoi. Menteur, je le sais que trop bien. Je persiste quand même, comme d'habitude. Peut-être que cette fois-ci, les "fausses filles" se surpasseront, lors du spectacle. Je ne crois pas tellement aux miracles, mais soyons optimiste, pour une fois. Comme la majorité de la clientèle, je simule un léger sourire, histoire de bien paraître, sur ce visage trahissant ma vie et mes envies, essayant de faire croire à un certain bonheur. Ça m'est assez facile ce soir, je me sens assez bon comédien et je n'ai qu'à penser à mon "petit mignon" du vestiaire pour m'aider un peu. J'ai vraiment le sentiment que cette soirée sera différente, je souris sans trop me forcer. Mon "petit mignon" ne m'est presque pas utile. Mes yeux, toujours en action, naviguent, entre les bons et moins bons danseurs sur scène et les beaux et moins beaux voyeurs de chaque côté. Je m'attarde, au passage, sur quelques personnes, qui s'attardent sur d'autres et qui ne semblent pas se rendre compte que j'existe. Rien de surprenant, je dois sembler si assoiffé, que je leur fais sûrement peur. Oh ! Mais que vois-je, un regard vers moi, pour moi ! Lui, là-bas dans le coin. Beau genre ! Pas trop grand, compact, cheveux courts possiblement châtains (il fait si noir), yeux pâles, possiblement bleus (il est si loin), belle gueule, malgré la noirceur, hum ! Il est là, inconfortable dans son coin, avec une allure comme je les aime, exerçant timidement ses yeux, comme moi, sur les autres et contrairement aux autres, sur moi. Mes yeux ne peuvent s'empêcher de s'arrêter au passage et de le regarder, le dévisager, le déshabiller même. Je suis sûrement très embarrassant, il rougit à vue d'oeil. Il me regarde quand même, me dévisage lui aussi, timidement, du coin de l'oeil, espérant ne pas être vu, ou espérant l'être, peut-être. En tous cas, lui il l'est, embarrassant. Je me sens si rouge que je dois sûrement tourner au pourpre. Je le regarde sans trop le démontrer, si l'on puit dire, parce que la discrétion et moi sont deux choses bien distinctes et dès que nos regards se croisent, il baisse les yeux, se rendant bien compte qu'il est découvert et épié. De mon côté, naturellement, je fais de même. Après un court moment de futilité, de notre part à tous les deux, je tente pour l'épargner un peu, et ne pas trop lui faire peur, de diriger mon regard explicite vers un autre endroit, beaucoup moins intéressant. Je peux bien faire une petite pause de quelques minutes, rien ne presse vraiment, j'ai encore plus de trois heures pour lui plaire.
La pause n'a pas duré très longtemps et mes incontrôlables yeux se fixent de nouveau en sa direction. Diantre, il n'est plus là ! Pendant le court instant où je suis revenu sur terre, il s'est furtivement déplacé de son coin. Je le cherche un peu partout, à droite, à gauche, en avant, en arrière. Je ne le vois plus, je cherche toujours, je panique. Regarde bien partout, il ne doit pas être si loin, si invisible. Oui ! Il est là. Il a été très facile à retrouver. De son coin, il s'était lentement dirigé vers un lieu beaucoup plus rapproché du mien et c'est aussi le seul qui me regarde dans toute la place. Et voilà que notre petit jeu recommence, de moins en moins discrètement, cette fois-ci. Ouf ! J'ai eu peur, un court instant. C'est fini les petites pauses, maintenant je ne le perdrai plus. Il sait très bien qu'il me plaît et que je sais que je lui plais. Nos yeux ne savent pas très bien mentir, de toutes façons. Sans trop m'en être rendu compte, il s'approche de moi, s'installe à mes cotés, me regarde droit dans les yeux, et me salue timidement avec un sourire qui me coupe le souffle.
Je savais bien que cette soirée s'annonçait différente. Il suffit juste que je ne fasse pas l'imbécile et que je ne gâche pas tout, comme d'habitude. Je ne me sens pas très bien. J'ai un petit malaise qui semble vouloir grandir rapidement au fond de moi. J'avais déjà assez chaud comme ça, là c'est l'enfer ! Contrôle-toi, contrôle-toi. J'aurais voulu avoir un peu plus de temps pour me préparer psychologiquement à cette inattendue rencontre. Quelques minutes, deux trois jours, une semaine, un mois, au moins. Calmons-nous, depuis le temps que j'attends un événement du genre, j'ai eu tout le temps qu'il me fallait pour me préparer. Je ne vais quand même pas tout faire rater parce que je suis maladivement effrayé. Vais-je y survivre ? Mon coeur bat si vite et si fort que j'ai l'impression que les danseurs sur la piste de danse suivent son rythme. Ma main droite exerce une telle pression sur mon verre que j'ai peur qu'il ne m'éclate au visage. Je ne peux arrêter ma jambe droite de trembler et je ne sens plus celle de gauche. Pour ne pas m'écraser par terre, je me soutiens si fort au comptoir, avec ma main libre, que je n'ose pas lâcher prise de peur que le vernis ne me reste sur la main ou même un morceau du comptoir. Je dois avoir l'air d'un vrai fou. Pris par surprise, et surtout en manque de cours pratiques, je réponds timidement et maladroitement à sa politesse. Ça le fait timidement sourire. C'est moins pire que je ne le croyais. Je lui offre, si chose se peut, le même sourire et des yeux qui, visiblement, lui disent Merci ! Il est là, devant moi, dans sa grande beauté. Qu'est-ce que je fais maintenant ? Réfléchis, ne va pas trop vite, ça ne t'a jamais bien servi. Soit plus indépendant, plus fort. Ne lui montre pas que tu es vulnérable, que tu es déjà séduis. Fais le travailler un peu plus.
Je suis aveuglé, je ne vois que lui ! Je suis sourd, je n'entends plus que les battements de mon coeur. J'ai perdu tous mes sens, je ne goûte plus mon verre, je ne sens plus le désagréable "Pachuli" de mon indésirable voisin d'à côté. J'avais oublié à quel point c'était difficile d'être. Je lui laisse le plaisir de débuter la conversation, car je ne sais pas quoi dire d'intelligent, de toutes façons, et avoir su quoi dire n'aurait rien changé, j'en aurais été incapable tant ma timidité est considérable. De son côté, avoir eu le choix, je crois qu'il aurait préféré me laisser ce plaisir. Il ne semble pas plus brave que moi. Oh si ! Peut-être un peu. Il se présente, me dit timidement son nom et me tend une main légèrement tremblante et humide. Malheur ! Je vais devoir lâcher mon comptoir qui me supporte si bien. Pourvu que mes jambes me supportent. Je prends le risque, je n'ai pas le choix. Il a les mains douces et volumineuses. Un premier contact est fait. Ce n'était pas si difficile. Je suis toujours debout, sur mes pauvres petites jambes. Je suis beaucoup plus solide que je le croyais. Lentement mais sûrement, la conversation s'amorce. Après les présentations d'usage, et l'incontournable " Tu viens souvent ici ?", la discussion vient d'elle-même et la timidité semble vouloir s'atténuer, légèrement, des deux côtés. Heureusement qu'il a de la conversation.
J'ai de la chance, c'est sa première fois ici. Je suis donc presque certain qu'il ne m'a pas vu, un de ces soirs où je me suis un peu trop laissé aller, en arrêtant de compter mes verres après le dixième. Ce soir je dois faire attention, je dois me contrôler. Je me vois assez mal sortir d'ici, accroché à lui, comme un boulet. Comme première impression, ça ne serait pas très réussi. La soirée se déroule très bien, quelques verres d'alcool chacun ayant aidé, à entamer une approche beaucoup plus personnelle et directe. Le temps passe trop vite. Je découvre des côtés de moi que je ne connaissais pas, j'ai de la conversation ! Si je pouvais revenir en arrière, je recommencerais et je serais meilleur. Ce n'est pas si pire que ça, il semble vouloir rester, il nous commande un autre verre. J'espère que "ma serveuse" ne sera pas trop déplacée dans ses propos dégradants, envers moi. Le temps passe vraiment trop vite.
Le premier spectacle est déjà terminé et je ne pourrais même pas dire qui ou quoi a défilé sur cette scène qui me semble de moins en moins intéressante. Il ne semble pas vouloir m'échapper pour une fois. Il ne s'est même pas donné l'excuse d'aller à la salle de bain une seule fois depuis tous ces verres. Moi, je ne me peux plus et me demande comment je ferai pour me retenir plus longtemps. J'espère que ça ne paraît pas trop que ma vessie est sur le point d'éclater. Le teint rouge et les yeux jaunes, je ne dois pas être beau à voir sous les "Black Lights", sans compter ma mise en plis que je n'ai pas revue et corrigée depuis mon arrivée. La scène s'est de nouveau transformée en piste de danse et le carnaval reprend de plus belle. C'est le moment idéal pour suggérer d'autres endroits à visiter, ou pour aller à la salle de bain. J'ai une soudaine appréhension. Tout à coup que je ne revenais pas, ça m'est déjà arrivé. Je fais des choses tellement insensées quand je suis effrayé. Pire encore, s'il n'était plus là à mon retour. Laissons mon pessimisme de côté et les choses aller d'elles-mêmes. Il semble savoir ce qu'il veut. Si je comprends bien, le temps et lieu où cette belle soirée se terminera est désormais entre nos mains. Je n'ai même pas pensé à lui demander s'il voulait aller danser, je devais trop penser à ne pas faire dans ma culotte j'imagine. Je crois que j'ai bien fait, de la façon dont il élabore sur ces manifestations de talents, sur scène, avant, pendant et après le spectacle, j'aurais sûrement perdu des points. Je ne jubile vraiment pas à l'idée de danser dans cette mer de "regardez, mais ne touchez pas" mais je l'aurais fait juste pour me donner une chance de plus. Qu'est-ce qu'un désespéré peut faire pour se donner une chance de plus ?
Le deuxième spectacle devrait bientôt débuter mais cette perspective ne semble pas nous attirer, à l'un comme à l'autre. C'est parfait pour moi, il y a tellement d'autres choses que l'on peut faire, à part être ici. Avec la température extérieure qui ne fait qu'empirer, vaut mieux être bien au chaud, à l'intérieur. Les autres Clubs du coin ne sont pas une bonne suggestion. La perspective d'un petit café et d'une grignotine est plutôt envisagée, pour terminer cette soirée et débuter la nuit qui, à mon grand bonheur, semble vouloir s'éterniser un peu plus que je ne l'avais cru. Il a toujours ce si merveilleux sourire et semble vraiment heureux de ne pas devoir assister au deuxième spectacle. Je n'en demandais pas plus pour m'emballer. On se dirige donc vers la sortie, et vers la salle de bain, enfin ! La foule est dense, comprimée. On ne réussira jamais à transpercer cette foule. Je le regarde, découragé, il a compris. Il prend ma main, me tire vers lui. Je me colle à lui, c'est notre premier vrai contact, à part la poignée de main timide et tremblante du premier moment. Ça y'est, j'ai une autre défaillance. Il faut que je me concentre, avec l'envie que j'ai, il ne faudrait surtout pas que certaines parties de mon corps écoutent ma tête. Lentement mais sûrement, nous nous faufilons à travers cette marée humaine, si je puis la qualifier d'humaine, jusqu'au pas de l'escalier. Il se retourne, juste pour vérifier que j'y suis toujours, en un seul morceau. Sa façon de me regarder me fait chavirer. Il a vraiment l'air d'un petit enfant. J'espère que le côté mature et sérieux qu'il me démontre depuis le début n'est pas qu'une simple façade. Sûrement pas, soyons plus positif, ça existe des bons gars, c'est sûrement un de ceux-là.
Je dois me séparer de lui quelques instants. Ça me permettra de me remettre la tête sur les épaules. Je lui fais part de mon besoin urgent de me soulager, que je le rejoindrai au vestiaire. Il me sourit, encore, me suit en m'expliquant que ce ne serait pas un luxe pour lui non plus. Ouf ! Pas de file d'attente à la salle de bain. Il ne faut surtout pas qu'il s'installe à mes côtés, je ne trouverai jamais assez de concentration pour faire ce que j'ai à faire. Il est vraiment parfait, il a choisi une cabine plutôt qu'un urinoir. Bon ! Concentrons-nous sur la chose à faire. Ça m'a semblé une éternité, comme si je n'y avais pas été depuis des gallons. Je sens une main me frôler le bas côté, je regarde du coin de l'oeil, c'est lui, il me fait signe qu'il m'attend près du vestiaire. Une chance que j'avais terminé, j'aurais pu faire de beaux dégâts. De retour près du vestiaire, soulagé, je le vois déjà en ligne à attendre. Il me tend la main, m'invitant à le rejoindre. Cesse de me tendre la main, ça me tend autre chose.
L'attente au vestiaire est toujours aussi longue j'imagine, mais en sa présence, je ne me rends compte de rien. Jusqu'au moment où le petit farceur au vestiaire, mon "petit mignon" de moins en moins mignon, fait connaître à ma conquête la rapidité à laquelle je deviens rouge, sous les trop clairs néons. Et pour en ajouter d'avantage, il le fait également savoir à la cinquantaine de personnes qui désespèrent d'arriver ou de partir, comme moi, comme nous. Je voudrais vraiment être ailleurs et je n'ose plus le regarder. Il ne s'est pas laissé impressionner, après avoir cavalièrement remit le petit farceur à sa place, et du même coup, fait sourire l'auditoire (qu'il est galant), il m'aide à remettre mon attirail hivernal (qu'il est serviable), remet le sien, (qu'il est beau) et en reprenant ma main, il nous dirige vers la sortie, enfin ! Pour une rare fois, j'ai hâte d'affronter le froid intense de cette nuit d'hiver. La marche est longue vers notre destination et l'étroitesse du trottoir glacé nous oblige à nous tenir serrés, l'un contre l'autre. Quel dommage ! La marche est très agréable. Il a tant de choses à dire, il n'arrête pas deux minutes. Il est tellement captivant, à écouter comme à regarder. Je suis complètement frigorifié. Est-ce le froid, est-ce la peur de ce qui va suivre ?
Enfin arrivé à destination ! Le restaurant est plein à craquer, il ne reste qu'une petite table, impudente, en plein milieu de la place, juste à côté des cuisines. Ce n'est pas un endroit des plus romantique. Il y fait plus clair que dans une cafétéria, le bruit est insoutenable, l'atmosphère est animée, les gens sont... Arrête de critiquer, l'important c'est d'y être, avec lui. Je n'ai vraiment pas grand-faim, la nervosité du moment me donne plus des hauts le coeur que de l'appétit, mais un café me serait des plus profitable, considérant la quantité de verres que j'ai ingurgités, sans m'en rendre compte. Pour sa part, il semble avoir besoin de plus d'énergie et passe son alléchante commande à un serveur qu'il semble bien connaître. Je salive, juste à l'écouter passer sa commande. Je me laisserai peut-être tenter par son assiette, pour l'instant, si j'ai son approbation. Notre conversation repart là où nous l'avions laissée à notre arrivée. Il fait vraiment très clair ici et tout en consommant ce que l'on nous apporte, nous nous permettons un examen visuel plus approfondi du sujet qui nous fait face. Il est vraiment très beau, il embellit à chaque regard que je lui lance. Quand ses yeux rencontrent les miens, son regard se fixe et j'ai l'impression qu'il peut lire mes pensées. C'est troublant, ça fait un peu peur. Devrais-je faire attention à ce que je pense ? C'est la première fois, ou une des rares fois du moins, que quelqu'un est capable de me fixer dans les yeux, aussi longtemps, sans perdre ses moyens. Ça c'est un autre bon point, pour lui. Je ne sais vraiment pas pourquoi je lui donne des points, il a déjà gagné d'avance tous les points que je pouvais lui accorder. Il mange assez rapidement, comme s'il avait quelque chose de plus important à faire et qu'il ne voulait pas perdre de temps. C'est vrai que je l'aide beaucoup plus que je le prévoyais à vider son assiette.
Sa grignotine et mon café rapidement expédiés, et l'examen passé avec succès, nous nous retrouvons bientôt, dans un taxi surchauffé, en direction d'un appartement qui n'est visiblement pas le mien. Je ne me suis rendu compte de rien. Nous avons discuté de beaucoup de choses, mais le lieu de notre prochaine destination n'a jamais été soulevé. Je sais très bien où nous nous dirigeons et ça ne me déplait pas, de toutes façons. Un peu raidi par la timidité et l'angoisse qui revient brusquement, comme si le froid de l'hiver les avait réveillées, nos corps se frôlent comme si nous étions quatre, assis sur la banquette arrière. Ce n'est vraiment pas désagréable. Nos mains se cherchent et se trouvent, finalement, discrètement. Sa cuisse frôle la mienne et il prend un malin plaisir à s'y frotter. Je ne m'en plaints pas. Notre petit jeu des regards recommence mais avec des intentions quelques peu différentes, cette fois-ci. Il n'évite plus mon regard et je n'évite plus le sien. Il ne cherche plus à lire mes pensées mais plutôt à empreindre mon regard. La pratique dans le Resto a été d'un grand secours. J'ai les mains sèches et froides, presque autant que ma bouche qui désespère. Je suis complètement frigorifié par le froid etou la nervosité, mon coeur se remet à suivre le rythme de la radio que l'on entend faiblement, à travers la voix rauque de la répartitrice sur le radio émetteur. Il se rend bien compte de mes souffrances et de ses deux grandes mains, chaudes, il enveloppe discrètement et doucement celle qui s'était subtilement déposée sur sa cuisse, musclée, la masse tendrement. Elle devient rapidement chaude et moite. De toutes façons, tout le reste de mon corps, à ce moment devient chaud et moite, à part ma bouche, qui désespère toujours. Et mon coeur arrête de battre, enfin !
On a pu rouler des heures, ou seulement quelques minutes, le trajet m'a semblé très court, trop court. J'aurais voulu que cette divine escapade dure toute la nuit, toute la vie. Ce premier moment d'intimité fut très agréable et assez révélateur de ce que le reste de la nuit serait. J'en saliverais si je le pouvais. J'appréhendais par contre le moment où je me retrouverais, seul, dans un endroit étranger, avec lui. Ça fait tellement longtemps, j'ai peur de ne pas savoir comment agir, correctement. Et si lui n'agissait pas correctement ? Le taxi s'arrête dans une petite rue sombre, devant un grand escalier très peu éclairé. Où suis-je ? Je m'en fous. Il est un peu trop tard pour reculer et c'est la dernière de mes pensées, en ce moment. La course réglée, nous affrontons pour la dernière fois, cette nuit, je l'espère, le rude froid de cette nuit infernale. Rue inconnue, quartier étranger, je n'ai aucune idée de l'endroit où nous sommes mais je le suis. Nous gravissons, à coup de trois marches à la fois, ce long escalier qui semble vouloir me défier, peine perdue, pour enfin nous engouffrer dans un appartement, lui aussi, faiblement éclairé. Il fait tiède chez lui, juste assez confortable pour le genre de soirée qui se prépare. En fermant la porte d'entrée, il se retourne de tout son être, contre moi, dans ce minuscule vestibule encombré. Tout en me souriant, il se rapproche tendrement, une main sur mon côté, l'autre sur ma nuque. Je n'ai d'autre choix que de prendre ses merveilleuses lèvres qu'il m'offre si généreusement, si tendrement. Il fait vraiment tout pour me faire défaillir. Belle façon de me souhaiter la bienvenue chez-lui ! Je vais revenir...
Le surplus vestimentaire expédié ça et là sur une petite table et par terre, à l'entrée, nous nous dirigeons directement et rapidement dans la pièce du fond. Sa chambre, j'imagine ! Le jugeant un peu trop expéditif (j'exagère un peu), je me rends compte, durant la traversée, que le salon est déjà occupé par un couple quelconque, qui ne se rend même pas compte qu'ils ne sont plus deux. Son ou sa colocataire, j'imagine, enfin j'espère, et puis je m'en fous. Je n'ai pas du tout envie de le savoir de toutes façons. Je ne désire que de me retrouver tout contre lui, comme dans le taxi. Non, j'ai envie de beaucoup plus mais fait surprenant, comme tout au long de la soirée, j'arrive à garder un bon contrôle de mon côté gauchesque. Je suis vraiment fier de moi. Ça faisait un bail que je ne m'étais pas rendu aussi loin sans passer pour un dégénéré.
Une toute petite pièce lui sert de chambre. Assez coquet ! Il met de la musique, tamise la lumière, ferme la porte. Assis sur son lit, simple, nous nous retrouvons, comme dans le taxi, collés l'un contre l'autre, enfin ! Son regard n'est pas différent, le mien non plus. Son sourire est toujours aussi désarçonnant, le mien semble toujours aussi niais. Il ne semble pas en faire de cas. Je m'en fais sûrement pour un rien, comme d'habitude. Mes mains sont plus sèches sinon autant que ma bouche et elles n'ont plus vraiment besoin d'être réchauffées, pourtant il s'acharne à vouloir les rendre moites de nouveau. Je ne montre aucune résistance et lui donne toute liberté. Il prend également bien soin de désaltérer, encore une fois, cette bouche qui demande désespérément un peu de salive. Il embrasse comme un Dieu. Ça serait la fin de notre soirée et je serais comblé mais il ne semble vraiment pas vouloir que ça se termine maintenant. Je n'ai vraiment pas à me plaindre, il s'occupe vraiment bien de moi. Il est si attentionné. Tout en douceur, une discussion, un peu moins réservée que les dernières, se développe sur la question de ce que l'on attend de cette nuit, de l'autre, et de ce que l'on veut et recherche de façon plus générale, dans un futur quelconque. La conversation est des plus intéressante. Nos désirs et attentes semblent agréablement vouloir se rejoindre. Je me sens de plus en plus stimulé par cette merveilleuse rencontre que je n'espérais plus depuis des lustres. Je sens bien que c'est de même pour lui. De ses dires, il était aussi désespéré que moi quand il est entré dans ce Club, ce soir. Il était également aussi nerveux et craintif quoique moins peureux. C'est rassurant de voir que l'on n'est pas si différent des autres. Il est aussi emballé que moi de ce qui nous arrive et de ce qui se prépare. Il me fait bien comprendre qu'il espère que l'aventure que nous vivons présentement n'est pas une histoire d'un soir. Ce n'est pas son genre. Je lui fais comprendre que tant qu'à moi, ça ne fait que commencer. Le confort s'installe de plus en plus entre nous deux à mesure que l'on partage nos deux vies, surtout de la façon dont nos mains se sentent les bienvenues chez le voisin. On parle de tout et de rien, mais la conversation demeure agréable et très intéressante. Si ses dires sont francs et honnêtes, ce qui me semble le cas, il a toutes les qualités requises pour que je ne veuille plus jamais me lever de ce grand lit simple, ce qui ne semblerait pas lui déplaire.
De façon graduelle, nous nous retrouvons allongés, sur les couvertures, l'un contre l'autre. Nos bouches se soudent, encore ! Nos langues se cherchent, nos mains se découvrent, enfin ! J'ai l'impression que mes vêtements se désintègrent à l'approche de ses mains et que les siens se sauvent à l'approche des miennes. Nous ne sommes plus tellement habillés, dans son petit lit, simple mais juste assez grand. Les lumières sont justes assez tamisées et la petite musique d'ambiance agrémente le silence, temporaire. L'atmosphère est tendre et détendue. Je sens quand même une légère tension qui nous traverse tous les deux. Le temps semble s'être arrêté, comme pour nous faire profiter plus longtemps de ce moment que j'attendais depuis bien longtemps. Après quelques petites maladresses beaucoup plus amusantes que gênantes, nous découvrons mutuellement nos deux corps, une bonne partie de la nuit, prenant un temps d'arrêt, à quelques reprises, histoire de reprendre notre souffle. J'avais oublié à quel point deux corps pouvaient être compatibles. J'ai l'impression d'avoir été créé pour lui, et lui pour moi. Nos corps font maintenant connaissance, nous font perdre conscience. Je ne crois pas qu'il y ait une seule partie de nos corps qui n'ait pas été palpée. Après avoir communiqué, en silence (si l'on peut dire), un long moment, nous nous sommes, tout en discutant de l'aventure que nous venions de vivre, enfin endormis, l'un contre l'autre, pour nous remettre de nos émotions. J'étais totalement épuisé mais au septième ciel. La nuit avait été exténuante mais magnifique. Je pourrais même dire féerique. Complètement épuisé de notre corps à corps actif, le corps à corps passif se prévoyait assez long et tout aussi agréable. Un autre bon point pour lui, il n'est pas du genre à tourner le dos à qui vient tout juste de le troubler. Nous sommes demeurés soudés, l'un à l'autre, toute la nuit durant. Moi qui ai l'habitude d'être d'un sommeil très agité, je n'ai pas bronché ni quitté ses bras de la nuit. Lui qui s'était confondu d'avance en excuses de ronfler et grogner toute la nuit, m'a soufflé un air chaud et léger, la nuit durant. Que demander de plus ? On pourrait croire que l'on est fait l'un pour l'autre. C'est sûrement le cas.
Le lendemain matin, je pourrais même dire après-midi, tard, au réveil, avant même d'ouvrir les yeux, j'ai un large sourire à la bouche. Et une légère gueule de bois, mais enfin, c'est supportable ! Je remarque que je ne me sens plus dans ses bras qui m'ont bercé toute la nuit. Est-il juste à mes côtés, assez loin de moi dans ce petit lit pour que je le cherche, ou il est déjà levé et me laisse profiter d'un peu plus de repos ? Je revois, dans ma tête, tout ce qui s'était passé la veille, il y a quelques heures de cela seulement. Et mon côté pessimiste revient au galop ! J'ai un peu peur d'ouvrir les yeux, de le regarder, et de me rendre compte que je l'avais mal vu, à la lueur de la veilleuse, que j'avais mal jugé, à cause de mes quelques verres de trop. Je n'avais pas tant bu mais je ne m'étais pas trop retenu non plus. J'ai surtout peur, je dois me l'avouer, que lui, connaisse une déception, à son réveil. Il faisait aussi sombre pour lui et il a dû ingurgiter au moins la même quantité d'alcool que moi sinon plus. Je serai peut-être son lendemain de veille. J'ai une peur atroce. Arrête de t'en faire. La nuit a été si belle et si enivrante, s'il avait eu à avoir une déception, tu ne te serais pas retrouvé dans son lit, ce matin. Allez, du courage mon vieux. Ouvre les yeux et affronte la réalité. J'ouvre les yeux lentement, faisant bien attention de ne pas le réveiller, s'il est toujours là, tout en tournant la tête pour bien le regarder, pour me rendre compte, à mon grand désespoir, que je suis tout seul et non avec lui, dans mon grand lit et non le sien, chez moi et non chez lui, seul, complètement seul, comme d'habitude. Eh Oui ! j'aurais du y penser, J'ai rêvé... une fois de plus.

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