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Une police bien montée
Les pieds de l'homme s'enfonçaient profondément. Les pas étaient hésitants, souvent chancelants, les mouvements étaient mécaniques, mais le rythme rapide. Lorsque le genou, mal assuré, s'effondrait dans la neige et entraînait le corps dans sa chute, l'homme se relevait aussitôt et reprenait sa pénible marche. Une volonté nouvelle poussait cet homme torturé de faim et de fatigue. L'arrivée était proche, il venait de reconnaître en la foulant la rivière Apachapak. Elle était gelée et recouverte de neige. Dans cette vallée, elle disparaissait au regard, mais les tourbillons créés par l'eau dans son chemin d'obstacle se sont gelés en de multiples dômes de glace sur lesquels les pieds se heurtaient et glissaient continuellement. L'homme avait retrouvé le méandre que sa carte indiquait. Il s'était perdu en préférant couper court plutôt que de suivre ce cours d'eau aventureux. La prochaine habitation n'était plus loin et c'était là qu'il se rendait.
Derrière un bosquet d'immenses sapins de Kellermann, il vit de la fumée, puis en contrebas d'un talus, une petite baraque de rondins de bois. Juste à ce moment une tempête de neige commença. Ses derniers cent pas se firent contre le blizzard et l'homme bénit le ciel qu'il n'eut pas soufflé plus tôt car il aurait pu signifier sa perte.
Arrivé à la porte, l'homme déposa sur le seuil la couverture qui l'enveloppait, retendit en tirant dessus sa vareuse rouge et redressa son chapeau de feutre qu'il avait enfoncé. Il frappa à la porte au même rythme que son coeur qui venait subitement de s'emballer. Ne sachant pas si ses coups s'étaient perdus dans les hurlements du vent, il décida d'ouvrir la porte. La pièce qu'elle découvrit était sombre, il ne voyait rien à l'intérieur et cela le décontenançait. - John Hawkins vous êtes là ? Finit-il par dire sans franchir la porte. - Je suis John Hawkins, répondit une voix.
L'homme à la vareuse rouge attendit quelques instants pour voir si la voix allait continuer afin qu'il puisse mieux en apprécier les intonations, mais l'homme à l'intérieur se tut. - Je suis ici pour vous arrêter ! - Vous êtes seul ? Interrogea la voix.
L'homme, dont la vareuse rouge indiquait clairement qu'il appartenait à la police montée canadienne, prit soudain peur, ne répondit pas mais sortit l'arme qu'il tenait contre sa hanche gauche. - Calmez-vous, je me rends. Le ton tranquille rassura à moitié le policier. Il s'avança vers le milieu de la pièce et vit un homme attablé qui lui faisait face. Le policier contourna la table, sortit une paire de menottes et les passa rapidement aux poignets de celui qui s'était déclaré être John Hawkins.
Lorsque le policier se réveilla, il était allongé près du feu entre deux couvertures faites de peaux de caribou. La chaleur était agréable et avant même d'ouvrir les yeux, il étira son corps de façon que chaque pouce de sa peau puisse profiter de cette douceur qui lui avait tant manqué ces derniers jours. - Vingt-cinq heures de sommeil bravo, vous deviez être épuisé ? Lui demanda John Hawkins.
Le policier se redressa brusquement, rejeta les couvertures, se leva et demanda : - Qu'est ce que je fais là ? - Je n'en sais rien. Vous vouliez m'arrêter, mais j'attendais quelques explications. - Je veux dire qu'est ce que je fais là nu, entre deux couvertures ? - Vous vous êtes évanoui, je n'allais pas vous laisser dans vos vêtements trempés, répondit John Hawkins sur un ton légèrement moqueur.
Les deux hommes profitèrent de ces quelques échanges pour s'étudier. John Hawkins dévisagea le policier de haut en bas et le trouva très jeune, à peine vingt-deux ans. Les muscles saillants de son corps montraient un entraînement intensif récent. Il voyait que le jeune homme venait de terminer une école de la police dans le sud du Canada, et certainement dans une métropole. Il n'avait pas encore acquis la force de caractère de ceux qui doivent quotidiennement lutter avec la nature pour vivre d'elle. Toutefois il apprécia ce corps large, bien dessiné, aux muscles ronds que surmontait une tête aux traits fins et aux courts cheveux blonds. Les yeux, bleus comme il se devait, pétillaient de candeur juvénile. John pensa que la vie avait épargné à ces yeux certains spectacles qui marquent la vie d'un homme. En continuant à dévisager le jeune homme, son regard s'arrêta sur son sexe. Deux belles grosses boules bien rondes et solidement accrochées étaient surplombées d'un sexe en forme de bouton de rose. Le sexe n'était pas long, mais sa tendre couleur montrait qu'il était frais, en parfaite santé et qu'il devait avoir très peu servi.
John Hawkins lui, devait avoir une trentaine d'années. Son visage souriant paraissait sympathique au jeune policier, mais celui-ci se demandait quel degré de confiance on pouvait avoir en un homme qu'on venait arrêter. La supériorité de John était évidente, il avait vécu toute sa vie dans ces régions. Sa musculature, bien que légèrement relâchée, indiquait que ce garçon brun était physiquement bien plus fort.
Nu, le policier se sentait désarmé. Il était choqué et mal à l'aise, cette situation n'étant pas très réglementaire pour l'arrestation d'un bandit. - Où sont mes vêtements ? Il chercha des yeux les insignes de sa dignité, et les trouva sur une chaise non loin de lui près de la cheminée. - Ils ne sont pas secs, je les ai lavés, venez plutôt déjeuner, je viens de faire du bon café. - De quel droit avez-vous lavé mes vêtements ? Demande le jeune garçon dans un effort d'autorité. - Du droit que je reste ici chez moi, que vos vêtements sentaient particulièrement fort et que ma maison n'est pas très grande. Je vous ai même lavé et rasé. Si cette information peut avoir un quelconque intérêt pour vous. La voix était calme mais assurée.
Le policier grogna, après sa dignité, sa pudeur venait de subir un rude coup. Comment cet inconnu pouvait-il l'avoir lavé comme un enfant ? On lui avait enseigné qu'il lui fallait toujours dominer son adversaire. Il se sentait moralement affaibli, et il aurait du mal maintenant à imposer sa loi au bandit qui lui faisait face. Ne sachant quel comportement adopter, il se décida pour une mesure neutre d'attente, en s'asseyant à la table pour y avaler son bol de café. Sa faim venait brutalement de se réveiller et de douloureuses crampes réapparaissaient à la vue d'énormes tranches de lard frit. - Quel est votre nom ? Demanda John Hawkins. - Je suis le sergent Bill Ward de la police montée, répondit le policier occupé à inspecter tout ce qui pouvait se manger sur la table. - C'est votre première arrestation. Le ton était plus affirmatif qu'interrogatif. - À quoi le voyez-vous ? Réussit à articuler Bill Ward entre deux bouchées de lard gras. - Vous avez perdu vos chiens et un policier qui se respecte ne perd pas ses chiens. Bill Ward grimaça, cette histoire de chiens allait lui attirer des ennuis. - Ils se sont sauvés, il y a quatre jours. Je les avais nourris quand l'un d'entre eux s'est mis à pleurer, puis à hurler. Il est mort en quelques minutes. Les autres ont cherché à se venger, ils se sont mis à grogner et à vouloir m'attaquer. Je voulais les disperser, j'ai réussi, ils se sont tous sauvés, impossible de les faire revenir. - Les huskies ne doivent jamais être trop nourris, ils n'y sont pas habitués. Ça leur retourne le ventre et ça les tue en un quart d'heure. Ces chiens ne sont pas faits pour être ni trop aimés, ni trop gâtés. Vous n'avez pas réussi à vous imposer à eux, ils vous en ont voulu, puis ont décidé de vous laisser tomber. Ce sont des chiens idiots. Ils ne retourneront vers l'homme que la faim au ventre, mais ils ont plus de chance de finir dans la gueule d'un loup auparavant. Vous ne les retrouverez pas. Ça vous coûtera quelques mois de soldes, mais c'est le métier qui rentre.
Bill Ward grimaça de nouveau, le grand Nord ne fait décidément pas de pitié à ceux qui n'en connaissent pas toutes les règles. Il ne lui restait qu'à s'accrocher. - Vous vous laisserez faire ? Demanda-t'il naïvement, soucieux d'éviter de nouveau ennuis.
John Hawkins regarda Bill pendant toute la discussion, le torse était peu poilu et ses poils blonds laissaient voir une peau douce et sans défaut. C'est de plus en plus troublé qu'il répondit : - Ce n'est pas une question d'actualité, il va neiger encore une semaine. Cette baraque sera bientôt recouverte jusqu'au toit, il sera alors pratiquement impossible de sortir. John semblait particulièrement heureux d'avoir à dire cela. Il allait avoir de la compagnie et quelle compagnie. - Ça durera combien de temps ? Demanda Bill avec inquiétude. - Trois semaines environ, le temps que la neige se tasse.
Le temps s'arrêta net pour Bill, il considéra l'éternité qu'il aurait à partager avec son prisonnier, dans une pièce aussi grande qu'une cellule. Les deux hommes se regardaient droit dans les yeux. Bill s'imaginait vivre un long bras de fer où, jour après jour, il devrait réaffirmer une supériorité que seule la certitude de son bon droit lui donnait actuellement. Il se jurait d'utiliser ces longues semaines pour ramener John Hawkins dans le droit chemin. À défaut de force physique, il utiliserait la psychologie. Il avait appris de longs discours évidents sur les règles fondamentales de la vie en société. Il saurait les reprendre avec une fervente conviction. S'il échouait, il jouerait de la seule vue de son uniforme ou en dernier recours sur la force de son arme. Celle-ci aujourd'hui complètement inutile, était restée à son ceinturon. John n'avait même pas cru bon de vider la cartouchière de ses balles. Bill ne se sentait pas pris au sérieux.
Pendant que son air se faisait de plus en plus sévère et que ses yeux viraient au gris, John Hawkins dans le silence de ce face à face laissait, lui aussi, ses pensées s'envoler. Il rêvait de voir Bill dans la forêt abattre du bois de coupe à la hache. Il oubliait la tempête qui les entourait et l'imaginait, à la belle saison, le torse nu faisant travailler ses muscles avec une attention soutenue. La sueur de son front se perdait dans ses sourcils, coulait en minces rigoles sur ses tempes et de là se perdait sur ses larges épaules brillantes de transpiration. De temps en temps, Bill, fier de ses prouesses, se retournerait et regarderait John qui simplement l'admirerait.
Le décalage de ses pensées faisait monter une tension qu'amplifiait le silence. John crut de son devoir de détendre l'atmosphère en plaisantant sur le stage pratique de survie qu'il offrirait gracieusement à l'homme qui était venu l'arrêter.
Bill passa le reste de la journée à attendre et à entretenir le feu, allongé par terre sur une peau d'ours. John était sorti ramasser ses pièges avant que la tempête ne les arrache. Bill laissa son corps se réchauffer, la peau de ses testicules se détendit à la chaleur. Son esprit s'emplit d'images vagues où de nombreux corps nus s'entrelaçaient devant des flammes vives. Elles lui cachaient leurs sexes. Son esprit n'arrivait pas vraiment à visualiser ce corps. Etaient-ce ceux d'hommes, de femmes ou encore de couples. Il ne voyait pas clairement dans ces images où ses envies se portaient. Il cachait dans des visions puissantes mais floues, son absence de désir pour les femmes. Il ne voyait que des peaux se frôler, se toucher ou encore glisser les unes sur les autres dans une fête sensuelle sans retenue. Bill n'avait que rarement eu de rêves sensuels aussi forts.
Il commença à frotter tout doucement son sexe sur la peau d'ours blanc. La tête posée sur celle de l'animal, la mordillant comme il s'imaginait le faire avec l'une de ses conquêtes. Il contorsionna son corps sur la fourrure dans des mouvements de plus en plus frénétiques. Alors qu'il se sentait proche de l'extase, il se retourna pour voir son sexe, et le regarda attentivement comme il ne l'avait jamais vu. Son sexe était gorgé, le gland brillait d'être trop gonflé. Il le trouva beau. Cette émotion lui tourna la tête. Dans un ultime frottement, il explosa sans même se toucher, comme il avait toujours l'habitude de le faire dans ces rares moments de pulsions sexuelles.
Au retour de John ils dînèrent et discutèrent librement de l'école que venait de terminer Bill. Au grand étonnement du jeune policier, John semblait bien la connaître. Bill s'était enfin rhabillé et se sentait plus fort, plus sûr de lui. L'homme qui était en face de lui l'impressionnait déjà moins.
À l'heure du coucher, John avertit Bill qu'ils allaient devoir partager le même lit car le feu devait être mis en veilleuse pour économiser la réserve de bois et il n'y avait pas assez de couverture de peaux pour les partager. Bill accepta de bon coeur, son apprentissage commençait et il lui fallait bien accepter quelques dispositions qui en d'autres temps lui auraient paru singulières.
La pièce dont le feu n'était plus entretenu se refroidit très vite et la lumière diminuait d'intensité. Redevenu pudique, Bill ôta rapidement ses vêtements et se glissa dans ce lit qui l'avait accueilli pendant 25 heures. John se déshabilla lentement devant Bill, mais de côté de façon que les lueurs des flammes jouent avec les formes de son corps. Bill ne manqua pas ce spectacle car le sexe de John était d'une telle longueur que jamais il aurait cru que cela puisse exister. John se massa légèrement l'entrejambe afin de bien faire ressortir son sexe avant de le rejoindre lui aussi le lit. - Je vais te réchauffer.
Bill n'eut pas le temps de s'étonner de la proposition de John car il sentit aussitôt la main de celui-ci lui caresser le sexe. Bill voulut se dégager violemment, mais déjà John allongeait son corps sur le sien et le bloquait. Bill essaya de résister, mais il n'avait pas assez de force. Il abandonna, tint son corps raide et pleura sans faire de bruit. John caressa le corps de Bill très tendrement en lui parlant à voix basse pour le calmer. Il laissait courir ses doigts sur ses pectoraux saillants et apprécia les abdominaux qui ressortaient. Il commença à frotter tout doucement son sexe contre celui de Bill et sentit que celui-ci se durcissait aussi. John lécha les dernières larmes de Bill et reprit ses caresses directement sur le sexe de Bill. Cette jeune chair excitait de plus en plus John. Cela atteint son paroxysme lorsqu'il porta sa main à ses narines pour sentir la mâle odeur du jeune homme. Bill restait passif et ne se débattait pas. John en profita pour plonger sous les couvertures et suça profondément le sexe maintenant bien dressé. Bill éjacula rapidement dans des râles qui ne pouvaient qu'exprimer le plaisir.
John demanda à Bill de se retourner. Aidé par les mains de John, il se laissa faire. John explora quelques instants les fessiers bien rebondis du jeune garçon puis porta sa main à sa bouche et recracha le sperme que Bill venait de lui offrir. Il l'utilisa pour enduire un trou qui de toute évidence ne se laisserait pas pénétrer facilement. John glissa difficilement un doigt dans le corps chaud du garçon. Le trou était bien fermé, pour l'aider, John fit agenouiller Bill, lui releva les fesses et lui écarta les cuisses. Il décida de le pénétrer d'un coup pour ne pas allonger un supplice qu'il savait inévitable. Le hurlement de Bill se perdit dans le vent qui soufflait furieusement. John s'activait et sentait monter en lui une agréable sensation qui lui entourait le sexe. Il éjacula au moment où Bill n'en pouvait plus de douleur. Ils s'effondrèrent tous les deux et restèrent l'un sur l'autre, l'un dans l'autre à goûter à la joie d'une chaleur qu'ils estimaient idéale alors que la température de la pièce devenait négative.
Le lendemain, John se leva le premier pour réactiver les braises et faire crépiter le feu qui permettrait à Bill de se lever sans trop sentir cruellement le froid. Lorsque la pièce fut à nouveau chaude, Bill fit ses premiers pas, les jambes arquées, mais un sourire illuminait ses lèvres. - Hou ! quelle nuit, bon sang jamais je n'aurai cru qu'elle soit si chaude. Il s'assit sur le banc auprès de la table et pris un air qu'il souhaitait naturel. John ne répondit pas et ce silence le gênait, il ne savait plus quelle contenance se donner. Que pensait John de cette nuit, Il lui fallait le savoir, mais ce dernier restait impassiblement silencieux. Le regard sérieux qu'il portait à ses travaux domestiques ne trahissait pas ses pensées. Bill, étonnamment, se mit à se sentir coupable et chercha une phrase qui puisse forcer John à s'exprimer. Il lui sembla la trouver en demandant sur le ton d'un enfant quémandeur. - Moi aussi j'aimerais goûter votre sexe.
John le fixa, s'approcha de lui et dégrafa son pantalon, laissant entrevoir un sexe que Bill trouva formidable. Celui-ci fut immédiatement rassuré sur les conséquences de ses actes de la nuit et sa honte s'évanouit, faire l'amour avec un homme était naturel. - Regarde-le, mais ne le touche pas, tu l'auras entièrement ce soir.
Bill, fou de bonheur, ne put s'empêcher de déposer un petit baiser respectueux sur le gland de John. Bill avait complètement oublié sa mission quand John lui apprit qu'il appartenait lui aussi à la Police Montée du Canada. La première recherche d'une jeune recrue s'effectuait toujours ainsi. Loin de reprocher à Bill son insuccès, il le mit à l'aise en lui disant que sa formation pratique venait juste de commencer. Il est important dans ces régions où la nature est particulièrement hostile à l'homme que ces derniers resserrent leurs liens afin de créer des amitiés indéfectibles. John assura Bill qu'il se chargerait de lui donner tous les enseignements dont il aurait besoin pour mener à bien ses difficiles missions pendant les hivers les plus rigoureux.

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